Les trucs d’un bon chef de bord

port de la Rochelle tête en bas

Un équipier, un homme avant tout

Un bon équipage pour une manoeuvre délicate est un équipage hydraté (en eau !! je vous vois venir !!), nourrit (sucres lents) et le superflu de la boisson expulsé.

Ça sent le vécu!

Toute arrivée au port reste une manoeuvre potentiellement délicate. Celle-là l’était particulièrement. Un ami qui eu la bonne idée d’appliquer les recettes théoriques des ouvrages qui se respectent, s’est retrouvé avec son orin enroulé dans l’hélice. Ca complique l’arrivée au port au moteur !! L’équipage après une première tentative d’appontage à la voile, en perte de vitesse et de moins en moins manoeuvrant, se vautre dans la jetée du port. La SNSM les remorque jusqu’à un ponton. Une fois amarré, tout l’équipage dégaine en coeur pour se soulager. L’étape suivante, faire la popote. Il était minuit et demi, personne n’avait mangé depuis le déjeuner.

Le pataras ou comment retarder la prise de ris 1

Le vent forcit et mon voilier commence gentiment à partir au loffe ou gite un peu trop. Je garde la régul à la GV au cas où je passe sous un grain et je reprends du pataras pour faire dégueuler le haut de ma GV et descendre ainsi le creux, je diminue donc mon couple de renversement. Attention, sur les voiliers modernes d’une dizaine de mètres, l’écart entre la tête de mât et l’ancrage de l’étai n’est pas très important, et limite fortement le cintrage du mât.

On peut aussi relâcher du hale-bas, reprendre de la bordure, reprendre du cunningham ou la drisse, remonter le chariot au vent et relâcher un peu d’écoute. Au niveau de la voile d’avant, je peux reculer le chariot et border d’avantage.

Empanner, on n’y pense pas assez !

Lorsqu’il y a peu de vent, il peut être difficile de prendre assez de vitesse pour virer de bord et l’empannage est alors une alternative beaucoup plus intéressante. Par exemple, pour une sortie d’un mouillage à la voile, si je n’arrive pas à virer pour éviter un obstacle (bateau ou caillou) car pas assez manoeuvrant : j’abats en grand en choquant la GV et j’empanne dans la foulée.

voilier bongo 9.60 au près babord amure en fin de journée

Ça sent le vécu!

Je n’étais jamais monté sur une goélette, encore moins sur une goélette en bois de 10m sans moteur. C’est quoi ce bateau, il y a deux mâts ! Quatre voiles ?! On envoie les deux voiles de manoeuvre et on lâche le coffre. Et là, surprise la barre dure ne répond pas vraiment, et le bateau très lourd n’arrive pas à prendre de la vitesse. Le virement est impossible, un câlin incongru avec un autre voilier au mouillage devient inévitable. Ah non, ce n’est pas possible !! Que faire ?? La goélette ne veux pas passer au vent de l’obstacle, je la laisse abattre en l’aidant avec les voiles. Ouf, il était temps !

gros plan sur le combiné de la VHF

Le “marin”, une langue étrangère aux terriens

En tant que chef de bord, il faut savoir s’affranchir du vocabulaire marin et lire à travers les lignes, comprendre une description terrienne non explicite d’une situation complexe. Je pense qu’il faut faire preuve d’une certaine souplesse à bord sur les appellations et les termes spécifiques. (voir aussi la communication à bord)

Ça sent le vécu!

Je remontais de la Baule en nav de nuit vers Le Palais et ma veille sous le vent cherche ses mots pour prévenir qu’il y a quelque chose de rouge juste devant le bateau. On était le 15 août, j’avais regardé autour du bateau peu de temps avant et aucun navire ne faisait route vers nous, la plupart étaient vraiment loin. Je me dis le temps de me positionner pour voir sous les voiles, un feu d’artifice? Une hallucination? Et là, boum! Un choc léger contre la coque. Je regarde vers le bruit. Je ne comprends pas. Je suis vraiment très surpris, et je vois un drapeau rouge sur un bambou passer le long de la coque. On avait foncé dans un casier ! Un équipier averti m’aurait dit “attention, il y a un casier ou un filet de pêcheur sous le vent à 3 longueurs”. La notion de distance est difficile à évaluer de nuit et discerner les obstacles flottants n’est pas chose aisée.

Une main pour soi, une main pour le bateau

Que fait la main pour soi?

elle me permet de me tenir

elle me permet de boire

elle me permet de manger

visuel une main pour soi

Que fait la main pour le bateau?

elle fait le nœud de chaise qui n’a pas tenu sur la voile d’avant
elle me fait penser à regarder ma montre pour confronter ma position réelle avec ma position estimée
elle fait des gestes pour expliquer l’écoulement de l’air autour de la voile
elle indique les amers sur esquels la navigation est basée
elle se met à côté de la main du barreur pour l’aider à comprendre la finesse du mouvement en fonction de l’allure et des vagues
elle range les bouts qui trainent dans le cockpit pour montrer le bon exemple
elle met au niveau des yeux le compas de relèvement pour vérifier le cône de sécurité
elle fait passer la bouteille d’eau et les petits gâteaux au barreur ou aux équipiers de pont
elle attache le harnais à la ligne de vie pour les manœuvres sur la plage avant ou de nuit par vent > 2B